@LGP- Rallier la commune de Yopougon à Anyama à partir de Siporex par le transport en commun, notamment les Gbakas, n’est pas chose aisée surtout aux heures de pointes. Le décor quotidien en ces lieux qui s’apparente à un centre commercial à ciel ouvert est marqué toujours par un fort trafic routier. Derrière l’ancienne gare de UTB, se trouve une autre vaste gare moins structurée mais où se rassemblent à longueur de journée de nombreux abidjanais en partance vers d’autres communes. Le site mal éclairé la nuit, côtoie des ordures de toute nature et sert de garage à de nombreux véhicules hors d’usage.

 

Là se trouve aussi la gare Siporex- Anyaman. Coût de la ligne à ce jour, 500 FCFA. Ces deux dernières années, il faut le préciser, ce prix est parti de 300 à 400 puis s’est stabilisé aujourd’hui à 500 FCFA. Soit une augmentation de 60%. Les transporteurs expliquent cette augmentation par l’effet conjugué de la hausse du carburant et de l’activisme des syndicats communément appelés «Gnambros» dans leur secteur. Qu’à cela ne tienne! Les usagers doivent y faire la queue pour attendre les minicars qui arrivent  dans bien des cas à compte-goutte. Aux heures de pointes, les soirs et les matins, les attentes peuvent souvent durer des heures. Et le rang kilométrique.

 

Ce lundi 13 mai 2019, nous avons fait un tout nuitamment dans cette gare. Il était 19h30 mn. L’anxiété, la fatigue et la colère se lisaient sur les visages des usagers qui semblaient impuissants devant cette situation. «On n’a pas le choix. C’est le seul moyen dont on dispose pour aller au travail et rentrer chez nous», commente Achi Frédéric. Dans la foulée, le chef de gare défile par moment dans le rang pour rassurer les clients. «Il y’a eu un accrochage sur la route, c’est ce qui explique la lenteur de la rotation des gbakas. Patientez un peu!», lance-t-il. Une heure après notre arrivée, un minicar se pointe enfin. Dans le rang, on sent une sorte d’empressement et soulagement. Mais tous ne pourront pas embarquer.  Le rang de ne se rétrécira que de 18 personnes. 20 mn plus tard, un autre suivra et peu à peu le rang se dissipe au rythme des rotations.

 

Mais le comble est que les usagers de cette ligne, comme on peut l’imaginer pour bien d’autres destinations, ne sont pas au bout de leur souffrance une fois qu’ils parviennent après de longues heures d’attente à embarquer à bord des véhicules. L’étape la plus redoutée est de pouvoir arriver à destination saint et sauf. En effet, l’état de ces minicars n’inspire guère confiance. Leur vétusté et le niveau de dégradation intérieure des sièges, moins harmonieux et donc pas du tout confortables sont salissants pour les usagers quand ceux-ci ne voient pas leurs pagnes ou pantalons déchirés par les bouts de fer. A cela, quand s’ajoutent les frayeurs de la mauvaise conduite de certains chauffeurs, et les petits conflits de monnaie entre passagers et apprentis, arriver à destination sains et saufs devient le principal souci des usagers. Le temps de la traversée.

 

César KOUAME