@LGP- Le cimetière de Williamsville dans la commune d’Adjamé a fermé ses portes au grand public le 8 juin 2019.  Ce vaste boulevard des allongées qui enregistrait en moyenne 170 inhumations par mois est le troisième du District d’Abidjan qui ferme après ceux de Koumassi en 2009 et de Port-Bouët en 2013. Mais qu’est ce qui est prévu en termes de réhabilitation ? La Générale de Presse s’y est attardée.

Samedi 22 juin 2019. Le cimetière de Williasmville enregistrait l’une des rares inhumations depuis le 8 juin dernier, date de la suspension des enterrements sur ce site pour cause de rénovation. Mais comment est-ce possible que cet enterrement ait pu avoir lieu alors que le cimetière est officiellement fermé? Renseignement pris, nous nous rendrons bien vite compte que la famille du défunt disposait d’un caveau et que les inhumations étaient toujours autorisées pour ses «privilégiés», c’est-à-dire, ceux qui disposent de caveaux réservés et les communautés villageoises  propriétaires terriens d’Agban village, d’Abidjan-Adjamé. Excepté ces cas, aucun enterrement n’est plus possible au cimetière de Williasmville.

En effet, depuis le 8 juin dernier, le District autonome d’Abidjan a décidé de la fermeture temporaire du cimetière pour des travaux. Selon les responsables en charge de ce dossier à savoir le ministère de l’environnement et du développement durable et le District Autonome d’Abidjan, la fermeture du site vieux de 51 ans, vise à répondre à plusieurs exigences notamment, sa rénovation ainsi que la classification des tombes dans un fichier informatique pour permettre aux parents de retrouver facilement les tombes de leurs défunts. Durée des travaux, deux ans. «Cette fermeture sera mise à profit pour en faire un cimetière moderne à l’image du cimetière du Père Lachaise de Paris en y intégrant la dimension historique et touristique», avait précisé le jour de la fermeture du site, M. Akeko Arsène Roland, le directeur de l’Environnement et du Développement Durable.

Pour inhumer désormais leur parent, les populations d’Abidjan sont invitées à se diriger vers les cimetières de Yopougon et d’Abobo. Selon M. Akeko Arsène Roland, les deux sites choisis sont assez grands pour répondre aux attentes. «Le cimetière d’Abobo est le plus grand d’Abidjan. Il dispose de 37 carrés d’inhumation repartis sur une superficie de 56 hectares. Celui de Yopougon offre 24 carrés d’inhumation, ce  qui permet d’absorber, sans aucune difficulté, la moyenne mensuelle d’inhumation du cimetière de Williamsville qui s’élève à 170 corps», avait-il également expliqué.

Mais l’idée de la rénovation trouble le sommeil de beaucoup de parents de défunts qui redoutent une destruction des vieilles tombes. A ce sujet, le District et le ministère de l’environnement et du développement, rassurent que les anciennes tombes ne seront pas détruites mais «enregistrées et compartimentées en secteurs» pour faciliter l’accès.

Par ailleurs, le District a acquis un terrain de 100 hectares dans la commune de Songon où sera construit un cimetière moderne qui prendra en compte les autres modes d’inhumation comme l’enfeu ou encore la crémation.

César KOUAME