LGP- La passe d’armes entre les responsables du Rdr et Guillaume Soro a connu un pic ces derniers jours. En effet, répondant à la menace de destitution que fait planer sur sa tête le régime Ouattara via ses ”suppôts”, le président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro a lancé des banderilles à Adama Bictogo qu’il a qualifié de “gringalet” depuis ses terres à Ferké. Ce à quoi a prestement réagi le susnommé qui a eu des propos peu amènes à l’endroit du PAN. «Je ne réponds pas aux personnes qui incarnent une institution et qui sont petits…», a répliqué l’ancien ministre de l’Intégration africaine. 

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On se souvient que c’est le même Adama Bictogo qui récusait le 04 avril 2016 l’idée d’une «reconnaissance publique du RHDP» du combat mené par Guillaume Soro et ses hommes. L’idée avait été émise par le ministre de l’agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly. Toute chose qui avait conduit Souleymane Kamaraté dit Soul To Soul, peu bavard, à réagir le 18 août de la même année à Bouaké, devant un nombreux public, en ces termes : «Ce que vous devez savoir, c’est qu’aujourd’hui, il y a deux camps. Le camp des profiteurs et le camp des lutteurs». La caricature ne trahit pas moins le spectacle auquel se livre le sieur Adama Bictogo, lui dont les Ivoiriens ne retiennent que l’image d’un affairiste hier dans la rébellion et depuis 8 ans dans le giron du pouvoir.

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que les inimitiés entre le camp Soro et celui du Rdr viennent de franchir un palier. Et tout semble indiqué que le temps des allusions et des phrases sibyllines est révolu. Place au combat frontal. C’est du plus mauvais effet. Mis au “fauteuil blanc” par les “profiteurs” d’un pouvoir qu’il a contribué à asseoir, Guillaume Soro n’en ressent pas moins un “ras-le-bol”. En s’exprimant depuis Férké comme il ne l’a jamais fait en ce qui concerne ses rapports avec le Rdr, le président de l’Assemblée nationale ne fait que tirer les conséquences de toutes les misères qui lui ont été faites depuis des années.

Mais, comment ne pas pointer la responsabilité du président Alassane Ouattara dans ce ”capharnaüm”? En effet, il aurait pu, dès le départ, taper du poing sur la table. Puisque les premiers coups contre son ex- dauphin ne datent pas d’aujourd’hui. La vérité est que Alassane Ouattara s’accommode bien de la situation. Ne dit-on pas que le roi n’aime pas voir auprès de lui celui qui l’a vu nu? Avec Ouattara, Soro n’est-il pas en train de subir cette “malédiction”?  Seulement, Soro est un homme qui s’assume. Et il l’ a dit le destin d’un homme ne dépend pas d’ un autre homme. En clair, il n’a pas d’autre choix que de faire face à l’adversité. C’est le choix de la raison. Après donc Henri Konan Bédié qui s’est retiré du RHDP, Guillaume Soro lui aussi s’en va.

A l’évidence ces départs  successifs devraient inquiéter le régime et questionner la part de responsabilité de Alassane Ouattara. L’opinion retiendra la part de sacrifice et de compromis de ceux qui partent du RHDP unifié. Mais que retiendra t-on de celui qui a le plus  bénéficié du sacrifice des autres si ce n’est sa volonté à imposer ses vues et à ne faire aucune concession à ses alliés. Quand le sort veut rire de vous, dit-on, il ne vous ménage point. Et c’est bien dommage pour une personnalité de la trempe de Ouattara qu’on croyait au-dessus des calculs politiciens!

Alexandre Lebel Ilboudo