@LGP- Jeudi 15 août 2019, jour de l’Assomption. Niayé Ibrahim, mécanicien de son état est en pleine «résurrection» d’un moteur diésel de voiture. Il y a deux mois que le propriétaire du Taxi de marque Toyota Corolla peine à réunir les 900.000 FCFA pour changer le moteur. Quelqu’un lui a conseillé d’aller voir Ibrahim.

Ce jeudi-là, nous avons trouvé le «magicien» sur son lieu de travail entrain de ramener à la vie le moteur diesel déclaré mécaniquement mort. Autour de lui, étaient disposées quelques pièces. Nous reconnaissons sans difficulté, un vilebrequin, des soupapes, quelques pistons. Le reste nous a été précisé par le maître des lieux. Il s’agit, entre autres, des segments, de la chemise, de coussinets de pallier et de bielle, et la bague de bielle. Des pièces qui seront logées dans le bloc et la culasse. «Quand on dit qu’un moteur est mort, ce sont les pièces comme les pistons, les soupapes, parfois même la chemise et le vilebrequin qui sont foutus. Il suffit de les changer pour que le moteur retrouve sa puissance d’avant», explique Ibrahim.

Mais il ne suffit pas de disposer des pièces de rechange pour que le moteur soit ramené à la vie, si l’on en croit Ibrahim Niayé. «C’est tout un travail d’expert qui s’opère. Puisque chaque pièce doit être mise à sa place avec précision», renseigne le spécialiste des moteurs.

Durant toute la journée, nous allons le regarder à l’œuvre, remonter les nouvelles pièces là où il avait retiré les anciennes. Compartiment par compartiment, bloc après bloc, toutes les pièces ont été fixées sur une table, ce jeudi 15 août. Le lendemain 16 août 2019 a été consacré au montage du moteur sur le véhicule et au réglage des paramètres mécaniques et électriques. «C’est fini comme ça. Il ne reste plus qu’à faire la vidange, démarrer la voiture et laisser roder le moteur pendant quelques heures», lance Ibrahim à 13 heures tapantes. Le moteur sera éteint et rallumé plusieurs fois. Et chaque fois, il devenait plus stable et moins bruyant.

  • Un travail qui nécessite entre 250 et 400.000 FCFA

A 17 heures, nous sommes invités à monter à bord du taxi pour un tour d’essai. Le véhicule avait retrouvé sa puissance motrice, un coup de neuf pour une durée de vie qui peut atteindre 24 mois, selon Ibrahim. «La durée de vie d’un moteur dépend de l’entretien. Si la vidange est régulière le moteur dure plus longtemps. Les taxis roulent beaucoup or les propriétaires ne sont pas rigoureux sur les vidanges. C’est pourquoi les moteurs prennent toujours un coup», fait-il savoir.


Il faut noter que la durée de vie d’un moteur dépend beaucoup plus de l’usage et de l’entretien. Notre mécanicien, lui, prend entre 250.000FCFA et 400.000 FCFA pour ressusciter un moteur diesel mort. Ce qui fait un gain substantiel pour les propriétaires de taxis qui le sollicitent. Et la bonne nouvelle, c’est que s’il travaille beaucoup plus sur les moteurs diesel morts, il réussite aussi les moteurs à essence.

Âgé de 25 ans, notre bonhomme a arrêté ses études en classe de CM2. C’est après qu’il se lance dans la mécanique qu’il apprend au bout de 4 ans. De Gagnoa dont il est natif, Ibrahim débarque à Abidjan où il fait son trou dans la mécanique. Il est aujourd’hui le patron du garage où il officie à Yopougon, au quartier Magasin. Mais cela est arrivé par le pur des hasards, puisqu’un matin, sans crier gare, son patron, celui qui lui a appris le métier, a pris le chemin de l’aventure. Direction, Panam. Depuis ce jour, la nature ayant horreur du vide, Niayé Ibrahima est devenu le nouveau patron de la boîte et cela lui réussit.

Charlène ADJOVI