@LGP- Nouveau gouvernement, présidentielle 2020, relations avec Guillaume Soro, le député Kébé Mahamadou, président du mouvement Synergie 2020 se prononce dans une cette interview exclusive accordée à La Générale de Presse.

LGP: Un remaniement ministériel est intervenu le mercredi 4 septembre. On compte désormais plus de 50 ministres dans le gouvernement dans une année qui a été annoncée comme étant consacrée au social. N’est-ce pas pléthorique ? Comment explique-t-on cela aux populations qui continue, en grande majorité de vivre sous le seuil de pauvreté?

D’abord ce qu’il faut retenir, c’est qu’un gouvernement est mis en place pour un objectif précis. Dit comme vous le dites, à savoir que les populations souffrent, alors il faut un gouvernement moins dense, n’est pas juste. L’objectif premier d’un président de la République, c’est d’arrêter ou, à tout le moins, atténuer les souffrances des populations qui l’ont élu. Et, je vous assure, Alassane Ouattara est dans cette vision-là. C’est d’ailleurs, cela qui l’amène à morceler le travail entre plusieurs cadres afin d’être plus efficace. La gestion d’un ministère, ce n’est pas une mince affaire. Surtout que les enjeux sont souvent énormes. Prenez, par exemple le cas du ministère pour la promotion de la riziculture qui vient d’être créé, je vois que cela alimente la toile depuis, mais, croyez-moi, notre pays en avait extrêmement besoin. Nous avons un écosystème favorable à la culture du riz. Nous disposons de tout sur le plan naturel pour devenir autosuffisant en riz. Mais, chaque année, ce sont, au bas mot 15 000 tonnes de riz que notre pays importe. Pourquoi ? Tout simplement parce que beaucoup de paysans sont aujourd’hui tous orientés vers les cultures de rente que sont le café, le cacao, l’hévéa, etc. En créant donc un ministère totalement dédié au riz, le premier ministre Amadou Gon donne un signal fort de ce que sera cette dernière ligne droite du mandat du président Ouattara. Être autosuffisant sur le plan alimentaire, c’est aussi du social. L’autre pan qui répond à votre question, c’est la diversité des compétences et des cultures sur lesquelles mise ce nouveau gouvernement. Amadou Gon a certainement été mû par une approche géopolitique. Une approche que l’on ne devrait pas analyser seulement sous l’angle de la présidentielle à venir, mais, bien plus sous de la conjugaison des efforts qui amène le développement. Rappelez-vous du temps du père-fondateur Félix Houphouët-Boigny, chaque région de Côte d’Ivoire était représentée dans le gouvernement. Cela avait pour but de booster le développement en permettant au chef de l’Etat d’avoir le regard un peu partout. D’ailleurs, je profite de votre micro pour saluer le retour de mon grand frère Légré Philippe qui représente la région du Gbôklé, ma région, dans ce gouvernement. Il faut retenir en définitive que ce gouvernement est un gouvernement de mission. Sa mission, rapprocher le développement des populations. Attendons de la voir à l’œuvre avant de le juger. Quittons les réseaux sociaux et venons dans la réalité.

LGP: Vous défendez fièrement le gouvernement. Ce qui parait logique puisque vous êtes président d’un mouvement depuis quelques mois, “Synergie 2020” qui s’est donné pour mission de défendre les actions du président de la République, Alassane Ouattara. Aucun membre de Synergie 2020 dans les rangs du nouveau gouvernement. Avez-vous été contacté ? N’avez-vous suffisamment pas fait de “bruits” ? Ou, serait-ce un choix de ne pas participer au gouvernement?

“Faire du bruits”, c’est une expression trop forte. On ne fait pas de bruits. Synergie 2020 est une organisation essentiellement composée de députés qui estiment qu’Alassane Ouattara est une vraie chance pour la Côte d’Ivoire. Regardez par vous-mêmes, combien ce monsieur n’a pas donné au pays. Les routes, les ponts, les écoles, les hôpitaux, les universités, l’électricité dans nos villages, etc. En huit années de pouvoir il a prouvé qu’il maitrise la question du développement. Le dire, ce n’est pas faire du bruit. Nous lui reconnaissons juste son mérite et l’en encourageons. Il faut lui rendre hommage. Et croyez-moi, à Synergie 2020, on n’attend rien en retour. Faire partie d’un gouvernement n’est pas un objectif pour nous. Cependant, nous apprécions que des députés soient entrés dans le nouveau gouvernement. Nous les félicitons. Il s’agit de Dogbo Belmonde et de Sanogo Mamadou.

LGP: Des langues ont accusé Synergie 2020 d’être né pour faire la guerre à Guillaume Soro, l’ancien président de l’assemblée nationale qui a des visées présidentielles pour 2020. Certaines de vos interviews et de vos tournées à l’intérieur du pays, notamment celle de Dabakala juste après une visite dans la zone de l’ex Pan l’ont laissé croire. Qu’en dites-vous?

Vous savez, c’est cela la politique. C’est de bonne guerre. Vous posez une action et des gens interprètent. Voilà ! Sinon pour ceux qui connaissent la quinzaine de députés qui composent Synergie 2020, ils savent que Guillaume Soro est loin d’être une raison d’exister pour notre groupe. Nous sommes allés à Dabakala pour soutenir l’un des nôtres, le député Aboubacary de Dabakala qui y est allé faire des dons aux populations. Vous savez, la Côte d’Ivoire vaut plus que les hommes. Les hommes passent, le pays demeure. Il nous faut, tous les Ivoiriens ensemble, penser le devenir de notre pays en dehors des hommes. Cela me faire quelquefois rire lorsque j’entends certains leaders se présenter comme de braves, comme des personnes tellement fortes, puissantes et guerrières. Il m’arrive de me demander si elle savant que le pays n’a pas plus besoin de guerriers, courageux, de bagarreurs que d’homme intègres, intelligents qui sait ce que c’est que le développement et qui maitrise la gestion à la fois des hommes et de l’économie. Les Ivoiriens n’ont pas besoin d’hommes forts. Ils ont besoin de dirigeants qui les connaissent, connaissent leurs problèmes et qui ont des solutions pour eux.

LGP: Avez-vous des nouvelles de Guillaume Soro, votre collègue?

Cher ami, je ne crois pas que ce soit un sujet intéressant pour les Ivoiriens. Nous sommes 254 députés. Allez-vous me demander si j’ai les nouvelles de tous. Non, ce n’est pas de cela dont les Ivoiriens ont besoin.

LGP: On ne vous a pas entendu sur la question de la CEI. Pas de déclaration, ni de communiqué… C’est fait exprès ?

Vous me donnez l’occasion de dire merci et félicitation à Pascal Affi N’guessan, le président du FPI qui a fini par accepter que son parti intègre la nouvelle CEI. Il démontre ainsi que les Ivoiriens peuvent se parler et se comprendre. Il reste une seule place. J’espère que les ayant-droits l’occupent rapidement. Ne crampons pas indéfiniment sur nos positions lorsqu’il s’agit de l’avenir de notre pays. La CEI actuelle est totalement réaliste. On ne pouvait pas rêver mieux. Mon rêve, si vous le souhaitez, c’est de voir que dans notre pays, la question des élections devienne un fait banal qui rentre dans les mœurs. Dans les grandes démocraties, vous n’entendez pas parler de la structure qui organise les élections tellement tout est devenu naturel. Il faut qu’on arrive à cette étape. Ne résumons pas tout à des élections. A tous les niveaux, on peut servir le pays. Nous n’avons pas fait de communiqué particulier parce que des discussions avaient cours entre le gouvernement les partis d’opposition. Ces discussions ont été fructueuses. D’où l’entrée du FPI. Disons, dieu merci.

LGP: Que pensez-vous de sa composition ? Peut-elle garantir des élections apaisées en 2020?

Comme je dis, personne ne peut garantir seul la paix. La paix est une question de prise de conscience individuelle de chaque population. Ce n’est pas la composition de la CEI qui garantit la paix. Il nous faut, chaque Ivoirien, faire des efforts sur nous-mêmes pour pardonner, laisser derrière nous un certain passé et regarder l’avenir avec optimisme et sérénité.

LGP: Quelle est la prochaine actualité de Synergie 2020?

Nous venons de finir un séminaire à Yamoussoukro au cours duquel nous avons dégagé une matrice d’action. Bientôt, nous animerons une conférence de presse pour dévoiler cette matrice. En tous les cas, il faut retenir que nous allons prendre une part très active dans 2020.

LGP; Prendre une part très active comme soutenir un candidat… lequel ? On parle en coulisse d’Amadou Gon, le premier ministre.

Vous le saurez de toutes les façons. Mais, sachez que nous soutiendrons le candidat du RHDP. Le premier ministre Amadou ferait un bon cheval. Il connait les arcanes du pouvoir. A la tête du gouvernement depuis deux ans maintenant, il a prouvé qu’il maitrise les questions essentielles de développement, de macro économie, de relation internationale, etc. Personnellement, c’est mon choix. Et j’espère que ce soit le choix de notre parti.

Christ Monsékela