@LGP- Atteint d’un chondrosarcome (un cancer des os), il y a douze ans, et auquel est venue s’ajouter une insuffisance rénale, le biologiste, poète et éditeur, Dr Diahou Bertin N’Guessan, qui partageait régulièrement ses joies, ses douleurs, ses espérances et ses convictions à travers ses posts avec ses amis sur sa page facebook, a tiré sa révérence dans la matinée du samedi 27 juillet 2019 à la policlinique de l’Indénié. 

La Générale de Presse voudrait ici rendre un hommage appuyé à cet ex-patient de la policlinique de l’Indénié qui, bien que malade, savait éduquer, sensibiliser et répandre la bonne humeur sur les réseaux sociaux. «Comme après chaque dialyse, cette nuit a été longue et difficile. Je suis resté éveillé. J’ai prié. Je viens de prendre mon petit dejeuner et avaler ma tonne de drogues… », écrivait- il sur sa page facebook le 9 juillet dernier.

Dr Diahou Bertin N’Guessan ne cachait pas sa maladie, mais il le faisait moins par exhibitionnisme que par souci d’éduquer et de sensibiliser ceux qui n’étaient pas dans sa situation, que la vie ne tient qu’à un fil. «Il y a des moments où faire face devient un fardeau trop lourd à porter. Cela a été mon cas : avoir caché pendant 10 ans mon chondrosarcome, ce cancer fatal des os à lent développement, à mes enfants. (…) parler de sa maladie sans récurrence excessive est une façon d’extérioriser nos maux et «mal-aise» pour rééquilibrer apparence et réalité», écrivait-il dans un post qu’il a intitulé «la thérapie et l’enseignement par l’écriture», le 24 mai 2019.

Alors que la dialyse à laquelle il était soumis durant des années à un rythme éprouvant lessivait ses cellules engluées par les toxines, l’auteur de «Le calme ensanglanté» trouvait du temps et la force d’admirer, de compatir, de conseiller et de répandre la bonne humeur autour de lui. Pour lui, la vie est art. Il aimait la vie, il aime sa famille, il aimait ses amis.

Malgré le fait qu’il se savait condamné par la maladie, jamais il n’a laissé transparaitre dans un seul post, une complainte. Il ne s’est jamais plaint de son sort et n’a jamais voulu que l’on s’apitoie sur son sort. Il était et il est resté digne. Il s’était entièrement consacré à ses amis. Dr Diahou Bertin N’Guessan était un humaniste. Dieu merci, l’onction des malades, il l’avait reçue. Puisqu’il nous informait le 28 juin dernier, de la visite d’un prêtre qu’il recevait 3 fois par semaine. «Je suis heureux de recevoir en ces occasions, comme ce midi, l’onction des malades, cette eucharistie qui me revivifie et me te donne paix et joie», Ecrivain le 28 juin dernier. Cinq jours avant ce post, il écrivait ceci : «Celui qui sait vivre n’a pas peur de mourir».

Plein d’humour, il avait raconté plus d’une histoire où se dégageait cette morale: vivons chaque jour comme si c’était le dernier. En parcourant la page facebook de l’auteur des «Fragments de segment» écrit en 3 tomes, dès l’annonce de sa mort, notre attention s’est également portée sur son post du 31 mai dernier où il évoquait ce qui lui apparaissait comme le bien le plus précieux. «La santé est le bien le plus précieux. Je vous le dis, c’est le bien le plus précieux. Plus que l’or et l’argent, au cours de vos prières et médiations, plus que tout autre chose, demandez à Dieu de vous la préserver. Je vous en supplie ne la jouez pas au dé : la santé, c’est le bien le plus précieux !», conseillait-il à ses amis avec insistance.

De douleurs inimaginables, il en a souffert. Mais ses enfants, qu’il chérissait tant, et certainement ses followers constituaient une sorte de thérapie pour lui. Leur amour l’a, sans doute, aidé à tenir aussi longtemps, jusqu’à la date fatidique de ce samedi 27 juillet 2019. C’était également un grand défenseur de la liberté de pensée qui ne manquait pas de donner son avis sur des sujets d’actualité dans son pays.

La Générale de Presse présente à sa famille biologique, et littéraire, ses condoléances les plus attristées.

Charlène ADJOVI