@LGP- A l’occasion de la 59è anniversaire de la fête nationale de la Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara s’est prononcé sur la situation socioéconomique, en faisant un bilan de ses actions, 8 ans après son accession à la magistrature suprême. En lieu et place de l’habituelle allocution, il a opté pour la formule d’une interview.


Répondant aux préoccupations du journaliste, Pascal Brou Aka, ce 6 août 2019, le président Ouattara s’est livré à la présentation d’une situation socioéconomique reluisante. En fait, une Côte d’Ivoire où il fait beau-vivre.
«La Côte d’Ivoire va bien aujourd’hui, et cela est constaté par nos concitoyens», s’est réjoui le chef d’Etat ivoirien.

Mais pour l’ Ivoirien lambda qui vit les faits, la réalité quotidienne est autre, que celle décrite par leur chef. Cet Ivoirien qui ne peut s’offrir les trois repas quotidiens comme l’exigent les normes en vigueur, relatives aux pays «émergents». C’est un péché de Polichinelle, les populations ivoiriennes croupissent sous le poids des difficultés et de la misère. Ils ne ressentent pas les retombées de cette croissance mise en avant à chaque occasion dans les instances internationales.


Selon le président du RHDP, le Produit intérieur brut (Pib) a doublé de 40%. En d’autres termes, chaque Ivoirien a vu ses revenus doublés de 40%. Considérons que cela soit vrai. Que représente cette augmentation de revenu, face aux prix des denrées alimentaires, des loyers, des factures d’électricité et eau, et autres biens de premières nécessités qui connaissent des augmentations exponentielles ?

En définitif, le travailleur se retrouve au décompte avec rien, car son budget est englouti par ces goulots d’étranglement.
Ces réalités sont régulièrement corroborées dans les rapports des institutions de Bretton Woods qui ne disent pas autre chose.

A en croire ces institutions, l’économie ivoirienne se redresse mais la pauvreté s’accroît. La croissance est forte, mais beaucoup reste encore à faire pour que tous perçoivent les bénéfices. La dynamique de croissance rapide affichée par la Côte d’Ivoire, n’a pas donné les résultats attendus sur le plan de l’inclusion et de la réduction du taux de pauvreté, qui reste élevé. Voilà qui est claire.


Dans son élan, Ouattara a annoncé une augmentation du prix du cacao pour le début du mois d’octobre. Seulement, cette augmentation brusque et inattendue, s’apparente plus à une pré-campagne à 14 mois des prochaines élections présidentielles en Côte d’Ivoire.

En effet, durant 8 ans, la filière café-cacao est restée dans la tourmente, et les producteurs n’ont pas été suffisamment pris en compte par le pouvoir Ouattara, pour l’amélioration de leurs revenus. Même si ces derniers temps, le couple Ghana –Côte d’Ivoire tente de reprendre la main, en menant des actions concertées, pour redorer le blason des producteurs qui ne savaient plus à quel saint se vouer.
In fine, le bilan de Ouattara en 8 ans d’exercice du pouvoir d’Etat, demeure plus qu’attaquable.


Annick KOBO