@LGP- Les 43 crochets d’abattage de l’abattoir de Port-Bouët n’ont pas servi, ce mercredi 22 mai 2019. Aucun animal n’a été tué. La salle d’abattage était donc déserte, ce mercredi, en raison d’un arrêt de travail des bouchers chevillards qui protestent contre la hausse de la taxe d’abattage. En effet, la direction de l’abattoir a pris la décision de procéder à une augmentation du coût de l’abattage qui passe de 3.000 FCFA à 22.000FCFA. Et pas que ça, l’abattage des petits ruminants passe également de 700 à 3500. Une décision qu’elle justifie par la modernisation du site dont les travaux de réhabilitation ont été assurés par la société AFAM. A en croire le Secrétaire Général du Collectif des syndicats des bouchers de Côte d’Ivoire, Kotia Kalou, les bouchers ont proposé à la direction le montant de 5.000 FCFA et 1000 FCFA par bovin et petit ruminant. Ce que rejette la direction de l’abattoir. «Personne ne travaillera dans cet abattoir jusqu’à ce que nous trouvions un terrain d’entente qui préserve nos activités», a-t-il martelé. Mais face à l’inflexibilité de la direction et de la société qui veulent recouvrer les sommes investies dans la réhabilitation de l’abattoir, le dialogue semble rompu.

Pour les bouchers que nous avons rencontrés, ce mercredi, si la nouvelle taxe est appliquée c’est le consommateur qui verra son pouvoir d’achat s’amenuiser. «Nous n’aurons pas d’autre choix que de répercuter la nouvelle taxe sur les prix du kg en gros à l’abattoir si on nous oblige», prévient un bouvier. A ce jour, le prix en gros du kg de la viande à l’abattoir est de 1.900FCFA. Ce qui permet aux commerçants de revendre ce même kg, par exemple, à 2.300 FCFA à Cocody et 2.200 FCFA à Abobo. Ces prix pourraient donc prendre l’ascenseur avec l’entrée en vigueur de la nouvelle tarification.

Faut-il aussi la rappeler, la restructuration de l’abattoir a déjà fait perdre du travail à plus d’un millier d’apprentis-bouchers. «Sur les 1.424 apprentis bouchers, seulement 90 ont été retenus. Or nous avons à ce jour 87 bouchers chevillards autorisés à exercer dans l’abattoir», précise un boucher.

Au Burkina Faso, le droit d’abattage est fixé à 3.900 FCFA et au Mali à 5.400 FCFA.

Charlène ADJOVI