L’actualité ivoirienne si riche en rebondissements vient de mettre au grand jour les ‘’manigances’’ du pouvoir contre Guillaume Soro et certains des anciens com-zones soupçonnés de posséder encore des armes et de les cacher dans des endroits inconnus de l’armée.

Tout a commencé par l’appréhension de personnes suspectes aux abords de la résidence de l’épouse de Guillaume Soro à Zakoua. En effet, des villageois avaient remarqué la présence d’appareils ‘’bizarres’’ (des drones) télécommandés non loin de ladite résidence. Ils ne tarderont pas à mettre la main sur des individus étrangers au village. Après un interrogatoire plutôt mouvementé, il s’est avéré que les mis en cause étaient en mission pour le compte du ministère de l’Intérieur à l’effet de détecter à l’aide de drones des armes, puisque le président de l’Assemblée nationale est soupçonné de cacher d’autres armes après la mise sous mandat de dépôt de son directeur du protocole Koné Kamaraté  Souleymane alias Soul To Soul. Celui-ci avait été arrêté après qu’un important lot d’armes (6Tonnes) a été découvert à sa résidence de Bouaké dans la nuit du 14 au 15 mai 2017.

Mais ce n’est pas tout, puisque d’anciens com-zones, notamment,  Issiaka Ouattara dit Wattao, Hervé Pélican, Shérif Ousmane, Morou Ouattara, sont concernés également. Des drones ont été envoyés dans leurs régions respectives. Tout ce beau monde est dans l’œil du cyclone ou plutôt dans le viseur du pouvoir qui n’a visiblement plus confiance en eux. Quand on y ajoute leur ancien patron Guillaume Soro, force est de reconnaître qu’il y a un malaise  entre alliés. Pour autant, on ne peut manquer de s’interroger. Comment se fait-il que le pouvoir en soit arrivé à cette extrémité : espionner ses propres hommes ! Et pourtant,  tous  ces anciens chefs de guerre ont été promus au sein de la grande muette (elle ne l’est plus vraiment) où ils occupent des postes de responsabilités.

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 N’aurait-il pas été plus indiqué d’échanger avec eux sur la supposée existence d’armes chez eux ? Quitte à se donner ensuite les moyens de les récupérer au cas où des armes auraient été entreposées à leurs domiciles ou ailleurs. Cela aurait eu le mérite de mettre tout le monde à l’aise, à commencer par le pouvoir, aujourd’hui bien embêté par le bruit qui entoure cette affaire qui devait porter le sceau de la plus grande discrétion. Mais, ce n’est pas encore tout ; puisque l’acquisition des drones soulève quelques questionnements et non des moindres. Comment,  ces drones qui sont des appareils de dernière génération donc  coûteux, ont-ils été acquis? De plus, l’utilisation de ces appareils devraient obéir à certains critères, notamment contre un ‘’ennemi’’ extérieur et non contre ses propres éléments en interne dans des opérations d’espionnage qui ne disent pas leur nom.

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Finalement, tout se passe comme si l’on cherchait à rendre ces officiers supérieurs responsables ou complices de quelque délit devant justifier une mise à l’écart ou une quelconque sanction. Ce n’est pas à exclure quand on se rappelle que dès sa prise de fonction à la Défense,  le ministre Hamed Bakayoko avait nourri le projet d’éloigner les concernés de la Côte d’Ivoire en les nommant  au rang d’attachés militaires dans différentes ambassades. Un projet qui n’a pu se concrétiser jusque-là. Mis l’un dans l’autre, tous ces faits dénotent une chose : le pouvoir n’est pas serein. Dès lors, la suspicion qu’elle nourrit à l’endroit de Guillaume Soro et des anciens com-zones peut paraître suspecte. Elle trahit une certaine ‘’paranoïa, la ‘’maladie’’ des dictatures, au plus haut  sommet de l’Etat.

René Ambroise Tiétié