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Révision de la liste électorale, c’est  l’une des revendications de  l’opposition à laquelle le gouvernement a donné droit. Mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le FPI tendance Abou Drahamane Sangaré, pourrait  boycotter aussi cette opération. Un boycott qui viendrait s’ajouter à une série dont la stupidité le dispute à l’inanité.

Errare humanum est, perseverare diabolicum, auraient dit les Latins ou les latinistes (l’erreur est humaine, mais persévérer dans l’erreur est diabolique). Le FPI tendance Abou Drahamane Sangaré  pourrait boycotter l’opération de révision de la liste électorale. Et pourtant, celui qu’on appelle le ‘’gardien du Temple’’ devrait avoir mesuré les limites de sa stratégie. Puisque par sa faute, le FPI est devenu un parti ‘’quelconque’’ qui n’a  de représentants ni, à l’Assemblée nationale ( que représentent  2 ou 3 députés pour cette formation qui figure dans le Big four ou le Top 4 de la classe politique nationale ?), ni,  au niveau des municipalités, ni, au rang des conseils régionaux, encore moins parmi les Sénateurs. De sorte que le parti, absent des lieux de pouvoirs, de tous les lieux de pouvoir, se trouve condamné à  battre le pavé, sans la moindre garantie de voir ses préoccupations prises en compte par le régime en place.

Et alors que l’on croyait le parti revenu de ses émotions pour appréhender la réalité sans œillères, surtout après la décision de participer à la présidentielle 2020 exprimée par le clan Sangaré, voilà que l’on brandit derechef la menace du boycott. Notamment, celui de l’opération de révision  de la liste électorale initiée par la CEI (Commission Electorale Indépendante). « Tant que Gbagbo est à la CPI, je ne vais jamais m’enrôler sur une liste électorale. Je ne suis pas un traître », s’indigne un partisan de l’ancien président détenu à la Cour pénale internationale depuis novembre 2011.  C’est une position que partagent de nombreux GOR (Gbagbo ou rien) qui subordonnent la participation du FPI au débat politique à la libération de Laurent Gbagbo.

 Comme on le voit, les lignes ne bougent guère du côté de l’aide dure qui semble avoir pris le FPI en otage. Il n’y a qu’à lire le dernier communiqué du FPI tendance Sangaré qui, le 26 mai 2018, s’insurgeait contre le statu quo ante au niveau  de la CEI alors que, aussi bien le Conseil de sécurité de l’ONU  que  la Cour  Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, ont demandé la révision de la CEI afin d’avoir ‘’des élections crédibles parce que ouvertes, transparentes, libres et régulières qui se déroulent dans le calme’’. En conséquence, l’aile dure du FPI ‘’appelle les militantes et militants, les sympathisantes et sympathisants  du FPI  à se tenir mobilisés et à demeurer prêts pour les mots d’ordre de la Direction du Parti en vue de faire barrage à cette décision inopportune et dangereuse pour la démocratie…’’, annonce ledit communiqué.  Pas besoin d’être grand clerc pour subodorer un énième boycott de la part de Sangaré et ses camarades. Au grand dam de l’aile modérée conduite par Pascal Affi N’Guessan.

René Ambroise Tiétié

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