@LGP- Le 18 novembre 2016, suite à la grave crise postélectorale de 2010, et ayant constaté d’énormes dysfonctionnements et de nombreuses insuffisances de l’organe en charge des élections en Côte d’Ivoire, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, a ordonné à l’Etat ivoirien de créer un organe électoral indépendant et impartial,  pour la rendre conforme aux instruments juridiques internationaux.

Le 21 janvier 2019, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly  a convoqué et présidé une réunion se rapportant à la réforme de la CEI. A cette occasion, il avait été demandé à chaque parti politique invité de déposer ses propositions au ministère de l’intérieur qui en ferait une synthèse avant une prochaine réunion. Ainsi l’opposition ivoirienne regroupée au sein d’une coalition de 24 partis politiques, a finalisé depuis le 1er Mars 2019, un projet de réforme de la CEI. Cette plateforme propose notamment  le changement de la dénomination de cette commission dont l’histoire est chargée de souvenirs douloureux, la présidence de la Commission chargée des élections par une personnalité de la société civile recrutée par appel candidature, avec des vice-présidents, également recrutés par appel à candidature, l’exclusion des représentants de l’administration, des institutions de la République, et de la participation des représentants des partis politiques, tant du pouvoir que de l’opposition,  avec une mission de contrôle et d’inspection du processus électoral au sein d’un comité, présidé par un représentant de la Société Civile.

Au regard, des propositions de l’opposition, force est de reconnaitre qu’aucune partie de la vie politique ivoirienne, ne devrait avoir une mainmise sur le nouvel instrument d’organisation des élections. Ce qui confinerait  les acteurs  et leur formation politique dans un simple rôle d’observateurs, comme indiqué par la plateforme de l’opposition en ces termes, « la future commission en charge des élections en Côte d’Ivoire, doit être capable d’indépendance vis à vis de la puissance publique et des institutions ».

Le pouvoir en place aurait donc les mêmes prorogatives et logé à la même enseigne que l’opposition, qui a souvent fait les frais d’un organe chargé des élections inféodé au parti au pouvoir, qui, par manque de bilan satisfaisant à même de le reconduire aux affaires par le peuple, s’accaparait de cet instrument pour se maintenir au pouvoir.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces propositions de l’opposition, ne sont pas faites pour plaire au régime d’Abidjan, qui enregistre plusieurs dissensions à son sein, et qui a perdu toute sérénité après la démission de Guillaume Soro, ex-chef du parlement, qui est officiellement  entré dans l’opposition. Ravir encore cet ultime recours au régime en place, serait simplement indigeste et « mortel », pour les tenants du pouvoir. Les débats s’annoncent houleux !

Yannick KOBO