@LGP- La douane ivoirienne serait sur un coup fumant, apprend-on du côté de la Côte d’Ivoire où nos sources révèlent qu’une vaste opération suspecte d’exportation de minerais en provenance du Burkina Faso vers le Canada via le Port Autonome d’Abidjan, est en cours.

De quoi s’agit-il ? Sous le parapluie de certaines autorités gouvernementales et douanières du Pays des Hommes Intègres, a été montée, selon nos sources, une grosse opération frauduleuse d’exportation d’or sous la forme de charbon fin. Cette matière, faut-il le préciser, est utilisée par les miniers pour l’extraction de l’or. A la fin du processus, le résidu de ce  charbon contient une faible quantité d’or difficile à extraire. C’est ce résidu que la société minière canadienne IAMGOD veut exporter. La quantité à exporter est de 300 Tonnes de charbon fin. Et c’est la toute première fois que la douane burkinabè est confrontée à une telle opération. Et pour cause, la législation burkinabè interdit l’exportation de ce résidu.

D’ailleurs, les compagnies qui détiennent un permis d’exploitation industrielle sont tenues d’extraire l’or sur leur site et ne sont autorisées qu’à exporter cet or. Cependant, aussi curieux que cela puisse paraitre, le ministre burkinabè en charge des mines qui n’ignore pas  la législation en la matière, a donné son autorisation à IAMGOD à cet effet. Mais, ce n’est pas tout. Le plus surprenant c’est que la valeur déclarée du fameux résidu est de 7 milliards FCFA. Ce qui laisse croire que le résidu ne serait qu’une ‘’couverture’’ sous laquelle doivent se trouver d’importantes quantités d’or et d’argent. Nos sources indiquent même que la valeur vénale du ‘’colis’’ serait de plus de 7 milliards. Résultat, cette entreprise cherche à cacher une vaste opération frauduleuse d’exportation d’or pur présenté sous la forme de charbon fin.

Mais, au lieu de dénoncer le procédé, la hiérarchie de la douane burkinabè et le ministre en charge des mines ont décidé de passer outre les réserves des douaniers pour donner leur aval à l’opération. C’est à partir de là que l’information a fuité dans le cadre de la coopération douanière entre le Burkina et la Côte d’Ivoire.

Les containers chargés des résidus incriminés sont en cours d’acheminement par le chemin de fer vers le Port Autonome d’Abidjan. Le convoi a quitté Ouagadougou  pour Abidjan dans la nuit du vendredi 28 décembre 2018. Il appartient à la douane ivoirienne et aux autorités compétentes d’ouvrir les yeux sur cette marchandise dès qu’elle sera sur le territoire ivoirien.

Charlène ADJOVI