LGP- Dans le cadre du reportage que nous avons réalisé sur la pollution induite par l’activité de cimenterie dans la zone portuaire, le directeur développement à LafargeHolcim Côte d’Ivoire, M. Paul Anet a bien voulu répondre à nos questions. Interview.

La Générale de Presse : L’activité de la cimenterie n’est pas sans risque pour la santé des travailleurs. Quelles sont les mesures de sécurité qui sont prises pour vos travailleurs ?

Paul Anet : LafargeHolcim Côte d’Ivoire, fait partie du Groupe LafargeHolcim, leader mondial dans la production des matériaux de construction. LafargeHolcim Côte d’Ivoire est le producteur du Ciment Bélier et est présent sur le territoire Ivoirien depuis 1952. La sécurité, qu’elle concerne nos employés, nos clients, nos fournisseurs, ou les communautés riveraines est un réel engagement. Nous appliquons une politique santé et sécurité à l’avant-garde de notre Industrie. Au quotidien, nous menons nos activités avec un objectif de zéro accident. Nous assurons des conditions de travail saines et sûres pour nos employés et nos sous-traitants. Nous maintenons un système global de gestion de la santé et de la sécurité, conçu pour améliorer en permanence notre performance et gérer activement les risques de nos activités.

LGP : Et qu’en est-il de la réglementation?

Nous respectons les exigences légales et règlementaires ainsi que les règles de l’industrie.  Nous communiquons de manière transparente, auprès de toutes nos parties prenantes, sur toutes les questions pertinentes liées à la santé et à la sécurité. A titre d’exemple, nous veillons à ce que l’ensemble des personnes qui se rendent sur notre usine suive une sensibilisation à la santé et à la sécurité mais aussi qu’il soit en possession et porte l’intégralité de ses équipements de protection individuels. Régulièrement, nous effectuons des audits en termes de respect de nos règles. A ce jour, nous ne dénombrons aucun cas de décès sur site et nous nous en félicitons.

LGP : Ces mesures concernent les travailleurs impliqués directement dans la chaîne de production. Mais qu’en est-il des populations riveraines qui inhalent les particules de ciment ? Quelles mesures de compensation ?

Comme indiqué précédemment nous prenons en compte l’ensemble de nos parties prenantes et les populations riveraines en font partie ! A chacune de nos communautés, nous mettons en place des comités consultatifs. Ces comités sont un moyen pour nous de partager les informations, d’échanger librement sur les sujets et problématiques qui les touchent. Nous avons un responsable développement durable qui est en contact direct et permanent avec les populations. Il les rencontre à minima une fois par mois, recense avec eux les différents enjeux et évaluent ensemble les actions à mettre en œuvre. Nous avons mis en place un programme anti-poussière avec création d’une procédure d’appel en cas de détection de poussière. L’ensemble des comités connait ce processus.

LGP : En quoi consiste ce processus concrètement?

Il a 5 étapes clés :

  • En cas de détection de poussière, contacter le responsable DD
  • En interne le responsable DD informe le Directeur Technique
  • Le Directeur Technique à son tour évalue la plainte avec les différentes équipes
  • Le Responsable DD est informé des résultats des analyses
  • Le Responsable DD avise les populations sur la situation et apporte des éléments clairs d’explication le cas échéant

Nous sommes en mesure de réagir rapidement et d’apporter une réponse claire aux populations sur un sujet donné dans un maximum de 48 heures. Aussi, en lieu et place de parler de compensation, nous menons des actions concrètes en matière de santé, d’hygiène et salubrité, mais aussi en matière d’éducation. Aussi, pour la cité du port à titre d’exemple, nous avons mené des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière qui a touché plus d’une cinquantaine d’enseignants et plusieurs milliers d’élèves. Nous organisons annuellement l’arbre de noël pour les enfants des groupes scolaires, nous avons construit des médiathèques à l’intérieur des écoles (que nous inaugurerons bientôt), nous avons permis a plus de 600 enfants de bénéficier de vaccins gratuitement.

LGP : La pollution du boulevard portuaire par l’activité de cimenterie n’est plus à démontrer. Que mène LafargeHolcim Côte d’Ivoire en termes d’actions de protection environnementale?

Nous travaillons actuellement à réduire de 40% nos émissions de CO2 par tonne de ciment. Un objectif réalisable grâce à l’amélioration de nos procédés, à la substitution des énergies fossiles par des combustibles alternatifs (déchets, biomasse…) et par l’utilisation de ressources alternatives (cendres volantes, laitiers de hauts fourneaux…) en remplacement du clinker. Tout Cela passe par la conjugaison des efforts de toute l’entreprise et même de notre Groupe. Notre souhait est de devenir leader et pionnier en termes de développement durable pour notre Industrie. Nous œuvrons afin de pouvoir établir de nouveaux standards en la matière.

Pour atteindre cet objectif le groupe LafargeHolcim a développé un Plan développement durable 2030 qui repose sur 4 piliers (climat, économie circulaire, eau et nature, personnes et communautés) soutenus par un moteur commun : l’Innovation. En tant que leader du secteur des matériaux de construction, nous avons l’opportunité et la responsabilité de faire la différence positivement.

LGP : Est-ce que vous envisagez une délocalisation vers la nouvelle zone industrielle sur l’autoroute du nord qui semble être plus adaptée à votre activité ?

A ce jour, nous n’avons pas de projet de délocalisation en vue. Lorsque nous nous sommes implantés dans la zone portuaire nous n’avions pas la même demande, pas autant de population aux alentours. Nous n’allons pas délocaliser pour nous adapter à notre activité. Pour le moment, nous restons en place et effectuons des travaux (en cours en ce moment) pour nous adapter à l’évolution de notre contexte.

Propos recueillis par Alexandre Lebel Ilboudo