@LGP- Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout est bloqué dans l’enseignement préscolaire, primaire et supérieur public. La grève des enseignants qui a conduit à la perturbation et à l’arrêt des cours, est dans sa cinquième semaine, et rien ne présage d’une reprise imminente  du chemin de l’école. Certains syndicats de l’enseignement public ont suspendu toutes discussions avec le gouvernement, du fait de l’incarcération de leurs collègues syndicalistes. De son coté, le gouvernement a décidé de ne plus discuter avec les syndicats grévistes.

Dans tous les cas, l’école se retrouve à la croisée des chemins, dans l’impasse totale. Ce qui fait apparaitre le spectre de l’année blanche et son corolaire. Selon les normes de  l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), une année est dite blanche ou invalidée, lorsqu’elle ne répond plus aux principaux critères internationaux fixés, parmi lesquels l’accréditation ou la durée. Dans un pays, si le volume des cours n’atteint pas les 25 semaines (soit 6 mois 1 semaine) requises par l’Unesco, une année blanche s’impose. Par ailleurs, il faut  noter que la décision de rendre une année blanche ou invalidée est un acte souverain. L’UNESCO ne peut contraint un gouvernement à entériner cette décision.

En Côte d’Ivoire, la rentrée scolaire 2018-2019 a été fixée au 10 septembre 2018. Les cours ont connu des perturbations à partir de janvier 2019. Ce qui fait à ce jour, exactement 3 mois de cours, soit 12 semaines. Les mois de janvier et février ne peuvent être pris en compte, du fait de la grève des enseignements qui est toujours en cours. Il faut donc que le gouvernement ivoirien  puisse trouver 13 autres semaines soit 3 mois de cours assidus, pour rentrer dans les normes de l’UNESCO.

Si la situation de l’école peut être encore  sauvée, la menace de l’année blanche est une réalité, puisque le gouvernement et les syndicats se sont dans une position de défiance réciproque. 

Yannick KOBO