Depuis le vendredi 12 mai dernier, la frontière ivoiro-burkinabè est sous contrôle de quelques soldats du mouvement 8.400. Ces derniers ont investi le dernier checkpoint, armes aux poings, chassant des lieux les policiers, les gendarmes et les douaniers en poste. A l’origine de cette situation dommageable, le mécontentement crée par certains des leurs qui, jeudi soir au palais présidentiel, ont dit «renoncer à toute revendication d’ordre financière». Il n’en fallait pas plus pour que les armes crépitent de nouveau à Abidjan, à Bouaké et à Man. Ces derniers estiment que certains proches de l’entourage du chef de l’Etat ont travaillé à diviser les 8400 soldats dans leurs revendications. Cette thèse est partagée par le Rassemblement des Républicains (RDR) dont le porte-parole s’est, dans une déclaration, interrogé sur le rôle que les services de renseignement ont pu jouer dans ce qui s’assimile à tous égards à une «tromperie du chef de l’Etat». C’est d’ailleurs pourquoi Joël N’Guessan exige que des sanctions soient prises à l’encontre de ceux autour du président qui ont organisé cette mascarade.

  • Des centaines de camions et de cars

tMais en attendant de connaître la suite que la présidence voudrait bien donner à cette requête de «nettoyage» nécessaire et réclamé, les mutins mécontents ne lâchent pas prise. A Bouaké le mouvement se poursuit avec la présence, depuis samedi, de centaine de soldats mécontents aussi bien dans la ville qu’au corridor nord et sud. Plusieurs cars et camions n’ont pu passer ce corridor qu’autour de 18 heures. Mais le plus dur reste la traversée de la frontière après Ouangolodougou. Car, ce cheikpoint est sous contrôle depuis vendredi soir des soldats mécontents. Conséquences, plusieurs cars et camions sont bloqués. Seuls les véhicules personnels passent moyennant le paiement d’une somme de 25.000FCFA selon les témoignages recueillis. Du coup, plusieurs compagnies bloquées ont rebroussé chemin pour camper dans la ville de Ouangolo pour des raisons de sécurité. Aussi beaucoup craignent-ils un assaut des forces loyalistes. En effet, vendredi, alors que les soldats tiraient à Abidjan, à Bouaké et à Man, le gouvernement avait décidé de les déloger par la force en faisant appel aux forces spéciales. Estimant qu’il n’y avait plus rien à négocier. Les Ivoiriens retiennent donc leur souffle.

Christ Kouassi