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Le Front populaire ivoirien (FPI) a mal à son unité et à sa cohésion. Illustrative de ce mal, l’organisation de la fête de la liberté par les deux ‘’présidents’’ de l’ancien parti au pouvoir achève de convaincre de la profondeur du ‘’schisme’’ qui frappe le parti aux deux doigts. Et ce n’est rien de le dire.

Après que Abou Drahamane Sangaré, auto-proclamé ‘’gardien du Temple’’ du FPI a organisé ‘’sa’’ fête de la Liberté le samedi 28 avril 2018 à Gagnoa, Pascal Affi N’Guessan, président légal du même parti a retenu la date du 12 mai de la même année pour sacrifier à la tradition ‘’fpéienne’’ de la commémoration du retour du multipartisme. Du coup, on a deux célébrations du même évènement dans le même parti censé défendre les mêmes idéaux. ça fait désordre, pour ne pas dire plus. Cette situation qui illustre jusqu’à la caricature les divisions qui traversent cette formation chère à Laurent Gbagbo questionne, justement, la responsabilité du Woody de Mama dont le mutisme sur la question est suspect. Comme s’il était de connivence avec celui par qui le ‘’scandale est arrivé’’, à savoir Abou Drahamane Sangaré.
Car, que l’on ne s’y trompe pas : l’ex-époux de la belle Miss Delon est bien la figure de proue de l’opposition à Affi N’Guessan dont il récuse la légitimité, au motif que ce dernier ‘’pactise’’ avec le régime Ouattara avec qui il a accepté de discuter. La position de Sangaré étant d’ignorer la main tendue du pouvoir dans une sorte de ‘’ni, ni’’, ni discussion, ni participation. D’où le boycott des élections par le FPI tendance Sangaré qui fait de la politique de la chaise vide, une stratégie pour la reconquête du pouvoir et la libération de l’ancien président Laurent Gbagbo. Résultat, on a 2 FPI, 2 présidents et 2 groupes de militants qui se regardent en chiens de faïence, chaque camp critiquant systématiquement les initiatives et actions de l’autre.

A l’évidence, le point de non retour semble atteint, puisqu’aucune conciliation n’a pu aboutir, Abou Drahamane Sangaré refusant de s’asseoir à la même table que Affi N’Guessan qui lui, est prêt à se rabibocher avec son ‘’ennemi intime’’, dans l’intérêt du parti. L’on ne peut donc que constater les dégâts et assister, mi-impuissants, mi-révolté ou franchement heureux (selon qu’on est pro-opposition ou pro-régime) à la descente aux enfers du FPI qui offre l’image dépréciative d’un parti immature et irresponsable. L’actualité consacrée par la fête de la Liberté, évènement emblématique, s’il en est, du parti aux deux doigts, est venue rappeler aux uns et aux autres que la ‘’réconciliation’’ n’est pas pour demain au FPI où semble s’être installé un désordre organisé. On peut le déplorer.

René Ambroise Tiétié

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