@LGP- Au micro de Radio France international (RFI), le président ivoirien Alassane Ouattara s’est prononcé sur la plate-forme idéologique proposée par son ex-allié et aujourd’hui principal opposant, Henri Konan Bédié.

Pour le chef de l’Etat, cette organisation portée par le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) n’est pas « cohérente ». « Un Houphouétiste est quelqu’un qui est pour le dialogue, qui est pour la tolérance, qui fait de la politique économique libérale, sociale. Et là, une plateforme avec des partis de gauche et des partis marxistes, je ne sais pas à quoi cela correspond », a déclaré le chef de l’Etat.

Si d’un point de vue purement idéologique voir des partis de gauche et des libéraux se rapprocher peut paraitre difficile à imaginer, ce type d’attelage n’est pas le premier dans le contexte ivoirien et surtout pour Alassane Ouattara.

De fait, on se souvient qu’à la fin des années 90, Alassane Ouattara le libéral, pur produit de la haute finance internationale s’était allié à Laurent Gbagbo, socialiste pur sucre. Les deux hommes avaient mutualisé leurs forces pour affronter justement Henri Konan Bédié.

A cette époque, le président ivoirien qui était en guerre ouverte avec l’actuel président du PDCI avait vu Laurent Gbagbo aller jusqu’à boycotter l’élection présidentielle de 1995 en soutien à Alassane Ouattara à l’époque exclu par le code électoral.

Plus récemment, il est important de rappeler que le RHDP dans sa configuration actuelle intègre un parti de gauche qui est le Parti ivoirien des Travailleurs. Difficile donc de comprendre ces critiques formulées par Alassane Ouattara  à propos de la plate-forme d’Henri Konan Bédié. Ce, d’autant plus que le chef d’Etat assure ne pas savoir « qui est dans cette plate-forme ».

Entre le Front républicain hier et le PIT aujourd’hui, le chef de l’Etat peut être également cité quand il s’agit de collaboration entre gauche et droite. Mais en réalité, que valent ces idéologies dans le contexte politique ivoirien ? La question mérite d’être posée.

Steven IBRAHIM