@LGP- Proche de Guillaume Soro, Mamadou Traoré a été entendu pendant plus de 6 heures par la police ivoirienne. Sur les réseaux sociaux, il a livré les détails de cet entretien.

Ce Lundi 15 Avril, de 9h30 à 15h20, pendant 6h, j’ai été auditionné dans les locaux de la préfecture de police d’Abidjan.

Avant de rentrer dans les détails de cette audition, j’aimerais saluer la courtoisie et l’élégance avec laquelle mon avocat, Maitre Diallo et moi, avons été accueillis par le commissaire Begromissa Alain et ses collaborateurs.

Ils ont été d’une courtoisie exemplaire que j’aimerais saluer.

Par contre, j’aimerais déplorer la manière dont M.Kouyaté, le DG de la police, s’est adressé à moi vendredi passé lorsque l’audition de ce jour n’a pas eu lieu pour causes de contraintes familiales.

J’avoue que j’ai été désagréablement surpris par le ton condescendant avec lequel il s’est adressé à moi au téléphone pour me reprocher le report de cette audience que j’avais obtenu avec son collaborateur.

J’ai été outré par les menaces ouvertes qu’il a proférées à mon endroit. Il m’a même menacé de me faire prendre manu militari par ses hommes si le Lundi je ne me présentais pas devant ses hommes.

Comme si j’avais l’intention de fuir. Et pour quelle raison le ferai-je ? Pourquoi le DG s’est-il permis, du haut de sa fonction, de s’inviter dans une procédure qu’il a confiée à l’un de ses collaborateurs ?Procédure qui était en cours!

J’avoue que j’ai été choqué par l’attitude d’un homme pour qui j’avais du respect et même de l’admiration pour le travail qu’il abattait à la tête de la police.

Il s’est adressé à moi comme si j’étais un vulgaire bandit.Un vulgaire délinquant. Et pourtant il n’y a pas de précédent entre lui et moi.

Je tiens à dire qu’avant mon audition de ce Lundi, malgré l’insistance de mes avocats,ils n’ont pas pu obtenir les raisons de ma convocation.

C’est ce Lundi que ces raisons m’ont été données.

On m’a convoqué pour m’entendre sur des propos que j’aurais tenus avec certains membres de mon entourage qu’ils n’ont pas cité.

On m’a convoqué pour m’entendre sur des « on dit « ,Il paraît que ».

Et à travers ces propos qu’on m’attribue sur la base des « on dit « ,de la rumeur,on semble m’accuser des cinq faits suivants à coloration politique qui ont été mentionnés dans le PV de mon audition.

1.Trouble à l’ordre public.

2.Offense au Chef de l’État

3.Atteinte à la sûreté de l’État

4.Incitation à la violence

5.Divulgation de secret professionnel.

Les éléments qui ont constitué les questionnaires de l’audition peuvent être répartis en 11 points majeurs.

Premier point. On m’apprend que j’aurais dit à certains membres de mon entourage, sans les citer, que le Chef de l’État favoriserait les fonctionnaires, les militaires et les gendarmes proches de lui au détriment des autres fonctionnaires et corps militaires.

Et que ces propos seraient de nature à créer des troubles et inciter à la violence.

On me demande de justifier ces propos venant de moi.

Deuxième point.On m’apprend que j’aurais dit à certains membres de mon entourage que l’État aurait augmenté le salaire des préfets et qu’il aurait octroyé aux épouses de ceux ci la Somme de 600 milles francs par mois.

Pour eux,ces propos seraient de nature à inciter à la violence.

On me demande de justifier cette déclaration qu’on m’attribue.

Troisième point. On m’apprend que j’aurais dit à certains membres de mon entourage que la CI ne serait pas un Etat de droit.

Et on me demande de prouver ces allégations que j’aurais tenues.

Quatrième point. On m’informe que j’aurais dit à certains membres de mon entourage que la grève du Supérieur est due à l’emprisonnement des enseignants du Supérieur par le recteur de l’Université.

On me demande de prouver mon allégation.

Cinquième point.On m’informe que j’aurais dit à certains membres de mon entourage que des membres du gouvernement seraient en conflit ouvert pour la succession du pouvoir et que cela pourrait créer des troubles. Il me faut donc justifier ces propos.

Sixième point.On m’informe que j’aurais dit à certains membres de mon entourage que les policiers seraient mal traités et que ces propos seraient de nature à créer une révolte des policiers.

On me demande de justifier les motivations de tels propos.

Septième point. On m’informe que j’aurais dit à certains membres de mon entourage que l’État traite les universitaires et les députés comme des chiens en les mettant en prison sans aucun respect des franchises universitaires et de l’immunité parlementaire. Que l’État ne respecterait donc pas les institutions de la République.

On me demande de qui je parle quand je fais allusion à l’État.

Huitième point. On m’informe que j’aurais divulgué des informations d’une réunion tenue avec les délégués de la MUGEFCI à des non mutualistes de mon entourage. Informations qui pourraient créer une révolte des fonctionnaires.

On me demande d’expliquer les motivations de telles informations.

Neuvième point.On m’informe que j’aurais dit à certains membres de mon entourage qu’il y a palabre entre Mesmin Komoe et la Ministre Kandia Camara.

Selon eux,qu’est ce qui motive de ma part une telle information?

Dixième point.On m’informe que suite à ma convocation, j’aurais publié sur internet qu’on m’a convoqué parce que ,suite à la démission de Guillaume Soro de l’AN ,je m’appreterais à aller à la Primature pour dire le nom de tous ceux qui emargeaient dans cette institution lorsque Guillaume Soro était Premier Ministre.

On me demande si je reconnais avoir fait une telle publication.

Onzième point. On me demande si les questions qu’on m’a posé ont un lien avec Guillaume Soro.

Apres mon audition, dans ma déclaration finale que j’ai exigée, j’ai affirmé que toutes les questions qu’on m’a posées sont sans fondements scientifiques et matériels. Elles ne reposent sur aucune réalité.

Je ne me reconnais donc pas dans ces propos qu’on m’attribue.

Ce sont des propos inventés pour m’accabler.

Ces propos qu’on m’attribue ,ont pour fondement des rumeurs de soi -disant entourage.

J’ai donc dit que je considère, à travers ces questions, que je suis en droit de penser qu’on veut me diffamer,me dénigrer , attenter à mon honorabilité et chercher à me créer des problèmes.

Toutes les questions qu’on m’a posées relèvent d’opinions que j’aurais emises auprès de certains membres de mon entourage.

Je ne suis donc pas loin d’être poursuivi pour délit d’opinion alors que la constitution protège la liberté d’expression et d’opinion.

Fin de mon audition .

N.B: La titraille est de la rédaction