PARTAGER

L’accord sur la création du parti unifié donne lieu depuis quelque temps, à l’organisation de congrès par les différentes composantes  du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), coalition au pouvoir,  pour ‘’entériner’’ la prochaine fusion-absorption qui fera d’elles un ensemble homogène.

Après l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI), le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) et le Mouvement des forces d’avenir (MFA), c’est au tour du Rassemblement des républicains (RDR) de se réunir en Congrès le samedi 05 mai 2018 pour plancher sur la question. A quelques heures de cette rencontre, il ne serait pas inutile d’en situer les enjeux en posant la problématique du parti unifié. Sujet majeur, s’il en est, la question du parti unifié semble être devenue un ‘’cactus’’ sur la route des Houphouetistes engagés dans la gestion du pouvoir. De fait, au RHDP,  si tout le monde ou presque est d’accord pour la formation de ce grand ensemble inclusif censé assurer la pérennisation du pouvoir au profit des  ‘’héritiers’’ du père de la Nation, il n’est pas moins vrai qu’entre le RDR et le PDCI subsiste comme un ‘’quiproquo’’. Puisque le second subordonne la création du parti unifié à l’implémentation de l’alternance en 2020 au bénéfice d’un ‘’militant actif’’ issu du vieux parti ; en revanche, pour le premier, il ne devrait pas y avoir de préalable, le parti unifié devant se faire maintenant. Quitte à choisir en 2020, le meilleur des candidats potentiels à la présidentielle  pour en faire le porte-étendard du RHDP. Deux positions divergentes qui semblent avoir crispé l’atmosphère au sein de l’alliance et pourraient, à terme, conduire à des surprises pas forcément agréables entre alliés.

D’ailleurs, après la signature de l’accord sur la création du parti unifié, les présidents Bédié et Ouattara se sont livré à  une passe d’armes à travers la presse qui en dit long sur la profondeur des désaccords entre les deux. « Le PDCI aura son candidat en 2020 », a déclaré, comme pour rassurer ses militants,  le président du PDCI depuis ses terres à Daoukro.  Ce  à quoi a répondu, comme le berger à la bergère, son cadet Alassane Ouattara, alors en visite à l’Elysée, en France, en laissant entendre que la compétition serait ouverte en 2020. « Chacun est libre de présenter son candidat, puis au second tour, on soutiendra le meilleur », a-t-il indiqué en substance. Et pourtant, il n’y a pas longtemps, le président de la République ne voulait pas entendre parler de ‘’candidatures séparées’’ au sein de la coalition au pouvoir, bottant quasiment en touche la question de l’alternance en 2020 pour faire du parti unifié le but ultime de l’alliance des Houphouetistes. Et depuis, il y a comme de l’eau dans le gaz au RHDP.

 Le RDR va donc organiser son congrès au moment où  entre les deux poids lourds de la coalition, les relations sont loin d’être au beau fixe. Le parti logé à la rue Lepic faisant une fixation sur le parti unifié et le PDCI, s’arc-boutant sur l’alternance en 2020 censée lui profiter. Il va sans dire que ce samedi, les Républicains vont, comme un seul homme, ‘’voter’’ à 200% le parti unifié, présenté comme la ‘’panacée’’. Histoire de mettre la ‘’pression’’ sur l’allié PDCI qui regimbe contre l’attitude du parti présidentiel décidé à faire l’impasse sur l’alternance en 2020.

Pour autant, la partie sera loin d’être gagnée puisque le PDCI qui entend organiser son congrès après ses partenaires, se réserve le droit de suivre sa voie. En toute indépendance. Au risque de fragiliser davantage la coalition au pouvoir qui est, sans doute, à la  croisée des chemins.

René Ambroise Tiétié

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

quatre × 3 =