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Les pluies qui s’abattent sur la capitale économique depuis ce matin, ont fait une victime collatérale en plus de celles qui ont été prises au piège des eaux sur le carrefour de l’Indénié dont les hagiographes du régime disaient que ce dernier avait vaincu ‘’ce haut lieu’’ des inondations à Abidjan. Cette victime, c’est le pouvoir Ouattara lui-même, naguère auréolé de sa victoire sur le Bassin du Gourou, l’autre nom du carrefour de l’Indénié.

Les images des véhicules chavirant sur les eaux ruisselantes du carrefour de l’Indénié ont fait le buzz sur les réseaux sociaux ce vendredi 11 mai 2018. On se croirait revenu au temps jadis ; sous les régimes précédents lorsque ledit carrefour était inondé à chaque saison des pluies. Ce qui avait valu à ce lieu d’être considéré comme ‘’intraitable’’ et ‘’rebelle’’ à toute réhabilitation. Pour preuve, tous les régimes, notamment celui de Laurent Gbagbo se sont essayés à cet exercice périlleux et coûteux avec le même résultat : les eaux ont toujours eu raison des travaux effectués à cet endroit. Jusqu’à ce que n’arrive au pouvoir le président Alassane Ouattara en mai 2011. La donne va alors changer, puisque de ‘’dominant’’, le Bassin du Gourou va être dominé : en 2012 sera réalisée la réhabilitation du carrefour de l’Indénié. Cette fois, c’est promis, juré, il n’y aura plus d’inondation au carrefour de l’Indénié désormais ‘’sécurisé’’ et ‘’sécurisant’’. Du moins, si l’on en croit Anzoumana Bamba, ci-devant Directeur général de la Construction et de l’Assainissement. Revenons sur les déclarations ‘’triomphalistes’’ de l’intéressé qui se confiait alors au journal Le Patriote : « Qu’est-ce qui n’a pas été fait sous l’ancien régime pour régler le problème de l’Indénié ? », s’était alors enquis le confrère. « Les bassins. C’est toute une surface qui draine les eaux et les déchets de l’Indénié. Donc le problème devait être résolu en amont et en val. Mais, à ma connaissance, ceux qui nous ont précédés se sont contentés d’aménager seulement l’espace. Ce qui a changé aujourd’hui, c’est la réhabilitation des dalots que nous avons bétonnés », se félicitait Anzoumana Bamba. Six ans plus tard, les pluies lui ont donné tort. Le problème de l’Indénié reste donc entier en dépit des travaux pharaoniques réalisés par l’actuel régime qui en avait fait un ‘’haut fait d’armes’’ et un titre de gloire. Las !

René Ambroise Tiétié

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