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Environ trois semaines après le scandale (fraude) au guichet unique automobile, qui a secoué la Côte d’Ivoire, La Générale de Presse s’est rendue, ce mercredi 16 mai 2018, sur le site de cette structure étatique, pour s’imprégner de «l’ambiance» qui y règne.

Rien qu’à l’entrée principale du site du guichet unique automobile, dont une partie est occupée par les services de ‘’Côte d’Ivoire-Logistique’’, l’on peut déceler une atmosphère lourde marquée par les murmures et grognes des clients, qui ont vu leurs affaires bloquées par l’arrêt des activités de cette structure. Cette situation est d’autant plus préoccupante pour les transitaires, qui sont les intermédiaires entre les propriétaires des véhicules et l’Etat, qu’ils ne savent plus à quel saint se vouer.
Les bureaux des différentes structures sont quasi fermés. Ceux qui sont ouverts, le sont pour la forme. Puisque personne ne veut s’aventurer à exécuter des tâches qui lui seraient préjudiciables, jouant la carte de la prudence à outrance, à la limite de la méfiance, car ne voulant pas avoir affaire à un dossier ou un document compromettant. Aussi, d’autres agents boudent le travail, pour manifester leur soutien à leurs collègues arrêtés, à en croire un transitaire désemparé, que nous avons trouvé sur les lieux, qui a requis l’anonymat. Il nous avouera qu’il a fait un tour là-bas (guichet unique), pour voir si les activités ont repris. Il nous apprend que tout fonctionne au ralenti, malgré la nomination d’un nouveau directeur général du guichet unique. Ce qui est visible à travers le parc aux véhicules, qui est pratiquement vide.
«Nous ne sommes pas contre leurs enquêtes, mais ils (les autorités) auraient pu nommer des intérimaires, lorsqu’ils ont découvert la fraude, et qu’ils ont arrêté ceux qui signaient les documents des différentes transactions», s’est plaint, ce transitaire qui nous a prêté oreille. Selon lui, ce disfonctionnement leur fait perdre beaucoup d’argent. Et de prendre en exemple la SICTA (Société ivoirienne de contrôles techniques) qui a en charge notamment les visites techniques et ‘’photos’’. «Quand tu es en possession de la photo, tu dispose de 10 jours, à compter de la date de la photo pour faire une déclaration. Au-delà des 10 jours tu payes une amende dite OIC (Office ivoirien des chargeurs), qui se calcule comme suit : 8.000 FCFA le premier jour et 3.000 FCFA, les autres jours (peu importe que ce soit des jours ouvrables ou non), jusqu’à ce que tu sois en règle vis-à-vis des procédures. Voici une des réalités auxquelles nous sommes confrontés », a-t-il regretté.

C’est un peu le même scénario au port. A ce niveau, quand ton véhicule est au port, tu disposes de 15 jours pour le faire sortir du port, en ayant payé auparavant le droit d’acconage ou frais de débarquement (pour avoir une idée, pour un petit véhicule, il est d’environ 185.000 FCFA). Passé ce délai, le propriétaire doit payer des frais de magasinage qui sont de 3200 FCFA par jour.
Dans tous les cas, il s’agit d’un processus qui nécessite l’intervention et l’approbation de certaines structures et services, qui sont parties prenantes dans le mécanisme du guichet unique automobile. Et c’est à ce niveau que le circuit est bloqué, ou du moins ne fonctionne pas à plein régime, depuis la découverte de la fraude.

Avec la nomination d’un nouveau directeur général du guichet unique, qui n’a pas encore été présenté officiellement, aux dires de certains agents présents dans l’enceinte du guichet unique. Cependant tous espèrent que les activités vont redémarrer.

Selon certaines informations reçues, tous ceux qui ont été interpellés et placés en détention, ont été remplacés. Aussi des reformes sont en cours, ainsi que des procédures qui sont en train d’être modifiées et améliorées, pour le bon fonctionnement du guichet unique, a-t-on appris.
Il faut rappeler qu’à la suite du scandale relatif à la fraude découverte au guichet unique automobile de Côte d’Ivoire, le DG de cette structure étatique, Mamadou Fofana et plusieurs de ses collaborateurs ont été mis aux arrêts pour les besoins de l’enquête ordonnée par le ministre de la justice.

Yannick Kobo

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