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Après les inondations qui ont fait 20 morts à Abidjan dont 2 à l’intérieur du pays, et d’importants dégâts matériels, et vu les prévisions peu favorable de la météorologie, plusieurs familles sinistrées, ont été hébergées temporairement, dans des centres. Dans la comme de Cocody, le groupe scolaire ‘’ Kouadio Assahoré’’ situé à la Riviera-palmeraie, est l’un de ces centres. Lageneraledepresse.net y a fait une incursion. Constat.

Mercredi 27 juin 2018. Il est 9 heures quand nous franchissons le seuil de du  groupe scolaire «Kouadio Assahoré» de la Riviera-palmeraie, transformé pour la circonstance, en un centre d’accueil et d’hébergement des sinistrés des inondations des 18 et 19 juin 2018 à Abidjan. Le décor laisse à désirer et l’ambiance qui prévaut n’est pas celle des joies. Nous n’avons pas le temps de présenter nos civilités que nous sommes entourés par de nombreuses femmes et des enfants, pressés de nous exposer leurs préoccupations. Lesquelles préoccupations tournent pour l’essentiel au besoin alimentaire. Ils ont, sans doute cru, à l’arrivée d’un bon samaritain. Car, l’état de dénuement dans lequel ils se retrouvent après les inondations de leurs maisons les a réduits à être assistés.

Mais le plus émouvant, c’est que certaines femmes avaient des larmes aux yeux lorsqu’elles racontent leur situation. «Nous n’avons pas encore pris le petit déjeuner», lance une dame qui précise qu’il y a des nourrices et de nombreux enfants en bas âge parmi eux. «On veut retourner chez nous», s’écrie une autre. Dans la foulée, deux enfants se mettent à pleurer, rendant l’ambiance plus pathétique.

  • Beaucoup n’ont pas encore vu la couleur des 150.000FCFA promis

Au  groupe scolaire «Kouadio Assahoré», on pourrait dire que les sinistrés y ont trouvé refuge mais leur prise en charge laisse à désirer. Puisque nombreux d’entre eux nous ont confié ne pas savoir à qui s’adresser. Le comble, c’est que les pensionnaires de l’école sont plus nombreux que les places disponibles. Ils sont plus de 500. Du coup, beaucoup n’ont pas de place pour dormir. Certains sont alors contraints de se tenir débout ou de s’asseoir à même le sol, adossés aux murs de l’école. Et jusqu’à ce que nous prenions congé de nos hôtes du jour, il n’y avait personne en vu, se réclamant d’une quelconque organisation de gestion de ce site d’hébergement, surtout que chaque jour, leur nombre augmente, selon ce qui nous a été raconté. Mais tous autant qu’ils sont, chérissent le secret espoir de percevoir la promesse de 150.000fcfa faite par famille pour quitter les lieux. En effet, le Conseil national de sécurité a promis de soutenir ces familles, en les accompagnant, dans la quête de nouvelles habitations avec 150.000FCFA, des kits de cuisines et des vivres. Mais près d’une semaine après l’annonce médiatique de cette mesure, les familles attendent toujours. Et chaque jour qui passe est une corvée puisqu’elles vivent dans un cadre où les commodités font défaut. Mais selon d’autres informations recueillies sur le site, certaines familles ont déjà perçu les 150.000 FCFA. Et beaucoup s’étonnent que cela se fasse de manière sélective alors que l’enregistrement des familles s’est fait publiquement. Ils accusent ceux qui ont en charge la gestion de ce centre. Mais leurs murmures restent sourds, puisque personne ne veut s’attirer la colère dans l’attente de l’argent.

N’ayant pas trouvé d’interlocuteur côté responsables de ce centre où les familles nous ont témoigné leur mécontentement, nous mettons le cap à la rue-ministre, toujours dans le quarter riviera palmeraie. Une rue devenue  «emblématique» parce qu’elle a semé la désolation dès les premières heures des inondations à Abidjan. A ce niveau, le constat est agréable, car la rue est en chantier. Des travaux sont en cours pour remettre le bitume arraché par les eaux de ruissèlement.  Mais devant ses travaux, on ne peut manquer de s’interroger sur la qualité du moment où ils se déroulent en temps de pluie. Quant au seul caniveau de la rue ministre, obstrué, dans lequel les eaux de pluies remplies d’immondices étaient visibles, lors de notre dernier passage, il a été curé, rendant ainsi l’évacuation des eaux plus fluide.

Yannick Kobo

jacobblague@yahoo.fr      

  

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