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On ne saurait visiter la ville de Postdam, en Allemagne, sans passer par le pont de Glienicker Brucke. Ce pont qui relie Postdam à Berlin par le sud Ouest, traverse la  Havel, la principale rivière de l’Allemagne. Le jeudi 26 avril 2018, nous avons visité cette infrastructure construite en poutres métalliques, et dont les travaux se sont achevés  en1907. Plus qu’un simple passage, l’histoire de ce pont est étroitement liée à l’histoire de l’occupation de l’Allemagne par les forces Alliés. C’est que dans le partage de l’Allemagne, Postdam était sous contrôle Américain et Berlin qui se trouve de l’autre côté de la rive sous contrôle Soviétique. Aussi les rapports entre alliés étaient-ils militairement empreints de méfiance et de défiance. C’était la période de la guère froide. Une guerre durant laquelle, les espions ont joué un rôle capital dans les renseignements. «Ce pont servait d’échange d’espions entre les Soviétiques et les Américains dont les soldats étaient pré positionnés de part et d’autre des deux bouts du pont», nous explique Anne Legre, la voix nouée; comme si elle craignait 28 ans après la chute du mur de Berlin d’être entendue par quelqu’un qui pourrait la dénoncer. C’est que si le pont de Glienicker était beaucoup plus réputé être le pont des espions, il n’en demeurait pas moins que c’était l’un des endroits les plus surveillés de l’époque. «Pendant longtemps, l’on apercevait ici, régulièrement, des hommes aux longs mentaux, chapeaux enfoncés sur la tête»,  poursuit la sexagénaire. Sur ce pont, en effet, ont été échangés des pilotes d’avion, des agents secrets mais aussi des prisonniers politiques. Aussi célèbre que son nom, l’histoire de ce pont a  inspiré de nombreux cinéastes, notamment le célèbre réalisateur Hollywoodien Steven Spielberg en 2015. Le pont était exclusivement réservé aux missions de liaisons militaires à l’époque ;  les piétons ont été autorisés à le traverser après la chute du mur de Berlin en 1989.  Il en est de même du démantèlement du Cheick-point Charlie qui constituait la frontière entre le secteur Ouest aux mains des Américains et le secteur Est contrôlé par les Soviétiques.

  • Une histoire qui rappelle la zone de confiance de Tiébissou

Ce pan de l’histoire de l’occupation allemande après sa capitulation, ainsi que le Cheick-point Charlie, nous rappelle,  quelque peu, en Côte d’Ivoire,  la zone tampon ou encore zone de confiance (ZDC), alors  matérialisée par la ville de Tiébissou qui était une sorte de mur entre les deux zones, celle sous contrôle gouvernemental dirigé par l’ex-président Laurent Gbagbo et l’autre sous contrôle de l’ex-rébellion cornaquée par Guillaume Soro.  C’était une zone ‘’grise’’ où prospéraient toutes sortes de trafic plus ou moins licites. C’était également une zone propice à l’espionnage au profit des deux camps.

Erigée en fin 2002 et placée sous contrôle des forces impartiales, la ZDC va être démantelée  en 2007 pour faire place à la réunification.  On retiendra que la disparition des deux zones aussi bien en Allemagne qu’en Côte d’Ivoire, a débouché sur une période faste ; côté Allemagne, il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui le pays constitue une puissance mondiale, alors que du côté de la Côte d’Ivoire l’Etat est sur la voie de l’émergence promise par le président Alassane Ouattara.

Alexandre Lebel Ilboudo

Envoyé Spécial

 

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